Un autre "Quest"
(10 décembre 2007)
Quel
sera mon souvenir...
Est-ce le
son des pas sur la neige, dans le silence de la
nuit,
Est-ce
l’odeur de la neige, dans la nuit étoilée…
Est-ce les
blanches
montagnes sous la pleine lune,
Ou la danse
émeraude des aurores boreales…
Est-ce
la lueur du checkpoint devant,
Ou les gens
qui nous attendent,
Est-ce le
bref
repos, et la chaleur,
Ou les
histoires à partager…
Est-ce
l’exubérance du
départ,
Ou la
sereine fatigue après la course…
Est-ce les
sommets, ou les
vallées,
Les
rivières ou les forêts….
Est-ce les
flammes dansantes du feu de
camp,
Quand seuls
et au loin,
Nous ne
faisions qu’un dans l’immensité de la
nuit…
Est-ce leur
joie ou leur générosité,
Leur
confiance ou leur délire,.
Est-ce leur
félicité, ou leur dévouement,
Leur
présence ou leur loyauté…
C’était
un rêve,
dans le cœur d’une petite fille,
C’était
la réalité, dans la vie d’une femme,
Ce sera,
pour toujours,
Souvenirs
À
jamais,
Merci, les
chiens
Pour
ceux qui ne savaient pas déjà, en septembre les chiens
avons pris des chemins
différents. Les
raison pour arrêter le mushing étaient nombreuses, tout
comme les raisons de continuer. Mais il est temps de
tourner la page et de passer
à un autre « Quest ».
À vous tous, merci, pour le support, l’amitié,
et pour avoir partagé cette passion.
C’était une belle aventure.
Catherine
Randonnée
(21 juillet 2007)
Un mois avant le
début de la saison d’entraînement, j’ai pu prendre
quelques jours de congé pour
aller dans la région de Kluane faire de la randonnée avec
une amie (merci à
Yoann Voyer d’avoir nourri mes chiens pendant mon absence). Ce
fut extraordinaire, les paysages, le
bonheur d’être dans un endroit si sauvage, la pluie, le soleil,
les mouflons,
le grizzly, les marmottes. Et les
fleurs sauvages. Un voyage super, court
mais juste assez pour me donner le goût de retourner, là
ou ailleurs, explorer
cette belle planète…

Montagnes et vallées
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Mont Archibald
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J'aimerais aller là...
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Woaw!
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Un des moments magiques fut quand 6, puis
ensuite7
mouflons sont venus vers nous, et à environ 100 mètres se
sont creusé chacun un
petit nid, et se sont couchés là, certains en nous
regardant, d’autres dos à
nous. Ils n’avaient pas peur, se
fichant bien de ces deux filles qui ricanaient et placotaient comme
deux filles
peuvent le faire. Après notre
pause-dîner, nous avons passé encore plus près
d’eux et ils nous ont simplement
regardées. Un peu plus loin nous avons
vu 10 autres mouflons, et le lendemain un gros grizzly brun
foncé qui a grimpé
un flan de montagne très rocheux en un rien de temps pour nous
éviter, en se
retournant de temps en temps pour voir ce qu’on faisait. Il a
ensuite disparu de l’autre côté de
l’arête, très haut, et nous avons continué notre
chemin.

A la dure...
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Camp dans la vallée
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Descente du glacier de roche
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De la neige en juillet!
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Le voyage s’est
terminé en célébrant l’anniversaire de Denise.

Chocolat chaud dans les montagnes
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Bonne fête Denise!
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Au
travail!
(24 juin 2007)
Après les vacances, il
est temps de retourner au travail afin de préparer la
prochaine saison de
mushing. Heureusement, J’ai la même
super job avec Fisheries, mais à un autre lac.
Je suis posté au pont de Tagish, et malgré que certaines
journées soient
assez tranquilles, d’autres sont réellement occupées,
entre les poissons à
échantillonner et les entrevues à faire.
Mais juste le fait d’être dehors pour moi est un grand
plaisir. Je travaille aussi pour le Gouvernement du
Yukon comme technicienne de la faune. Entre
d’autres mots, je suis à la maison seulement pour y
dormir ! Mais les chiens sont au repos, certains
creusent, and d’autres s’étendent au soleil pour rêver de
la prochaine saison
de course ! Dans deux mois on sera
déjà à l’entraînement !

Le site
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Oui, je travaille!
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Des Alaskans me font confiance et me donnent leur poisson
que j'échantillonne. Oui, je leur redonne ensuite....
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Hum... 3 livres.
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Alors, depuis quelle heure vous pêchez?
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Echantillonner pendant que les maringouins attaquent.
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La route du retour à la maison
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C'est en voyant une photo du lac Emerald que j'ai eu
envie de venir au Yukon. Là, je vis à 2 km du lac.
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Alors, comment a été ta journée, gros loup?
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Regarde ce que moi j'ai fait aujourd'hui!
(quasiment 6 pieds de profond...)
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L'heure du souper
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Toujours le plus beau...
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J'aime mes chiens!
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Ça, c'était avant qu'il ne pleuve à tous les jours.
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Merci à Tarik
pour les photos.
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Fin de la
saison (24 juin 2007)
La saison 2006-2007
s’est terminée avec la visite traditionnelle au mois de mars de
quelques
Latinos de Whitehorse. Grâce à Danièle
Rechstein, qui s’occupe entre autres du journal « Northern
Latino »,
et qui est aussi la photographe officielle de l’événement
annuel, j’ai pu
recevoir la famille de Mariana et Alejandro, ainsi que la famille de
Victor. Ce fut très agréable, et comme
à chaque fois, les Latinos ont amené le soleil avec
eux ! La petite Valentina a adoré les premiers
cents mètres et s’est ensuite endormie profondément
jusqu’au retour au
chenil. Andreas a bien aimé la vitesse
et encourageait les chiens à ne pas ralentir.
Par contre la petite Nana qui était un peu malade ce
jour-là préférait
aller plus doucement, ce qui n’est pas toujours facile avec des chiens
bien
motivés !!! Encore merci à Gaétan
qui a aussi donné un coup de main durant la
journée. Il retournait d’ailleurs au Québec
quelques jours plus tard.

Alejandro et
Valentina
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Cat prépare
le traîneau
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Gaetan et Mariana
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La famille de Mariana
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Andreas
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Cat et Andreas
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Nana
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Victor et Nana
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Une belle sortie
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Les bottes de musher
et de futur musher
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De
mon côté, la saison s’est terminée avec mon
départ vers les Caraibes… Quoi de mieux que quelques
semaines de
vacances à Cuba pour recharger les batteries ! Je
suis donc allée faire un programme d’immersion à
Cienfuegos,
dans le centre-sud de Cuba, un programme absolument fantastique que je
recommande à tous. Des profs dévoués, un
programme très bien fait et de nombreuses activités pour
découvrir différents
aspects de la culture cubaine. Si vous
voulez plus de détails, n’hésitez pas à me
contacter. Après le programme d'immersion, je suis
allée faire un tour dans l'Oriente, l'est de Cuba pour y faire
un peu de salsa et parfaire mon espagnol! Au retour je suis
allée visiter ma famille et mes amis du
Québec, avant de revenir voir ma famille canine… Et
retourner au travail!

C'est vrai que les Cubains sont irrésistibles....
|

Rakel, mon super
prof d'espagnol
|

Le sosie de Ibrahim
Ferrer m'a fait jouer avec lui...
|

J'ai réussi
à faire mon premier mojito!
|

Les
diplômés
du programme d'immersion!
Après
la course (16 février 2007)
Je suis à la maison
depuis quelques jours, à me reposer, et j’ai enfin pris le temps
de lire les
messages que les gens m’ont envoyé.
Tout ce que je peux dire c’est un gros merci pour ce support incroyable
qui m’a fait me sentir beaucoup mieux !!
J’ai la chance d’avoir aussi beaucoup de support à la maison
grâce à mes
handlers, mes amis et bien sûr, mes chiens ! La petite
Salsa a sauté sur moi l’autre jour avec un regard….
Maintenant
je dois retourner au travail, et j’aurai bien hâte de revenir
à la maison
entraîner mes chiens sans horaire, surtout durant les belle
journées
ensoleillées du mois de mars. Je
prendrai aussi le temps de répondre à tous les beaux
messages reçus
dernièrement, et je m’excuse à l’avance si ça
prend beaucoup de temps ! C’est vraiment dommage que je
n’aie pu
terminer la course, mais comme disait un de mes amis (et il a
raison !), il
faut bien qu’on aime la saison d’entraînement, puisque la course
ne dure que
deux semaines, alors que la préparation dure presque toute
l’année ! Et j’adore l’entraînement, les
chiens, le
style de vie. On a fait de notre
mieux. Ça n’a pas marché. La vie
continue. Le rêve demeure.
La fin du
Quest (15 février 2007)
Eh oui, c’est
difficile à croire mais le Quest s’est terminé
après seulement 250 milles pour
mon équipe. Après un bon départ, c’est
en route vers Carmacks que les choses ont commencé à se
dégrader. Après environ 130 milles, Rumba et
Harper,
qui avaient eu une blessure à l’épaule plus tôt
cette saison, se sont remis à
boiter. Puis, Maracas est tombée malade
et une fois à Carmacks, Maceo avait aussi une blessure.
J’ai dû laisser les 4 aux bons soins de mes
handlers. De là, nous nous sommes
rendus à McCabe où j’ai dû laisser Paila qui avait
un avant-bras enflé, et
Fiona qui était aussi blessée. Mask et
Ruth boitaient un peu mais ont pu
continué jusqu’à Pelly. Une fois à
Pelly, quelques chiens étaient malades et Mask et Rye devaient
être droppés eux
aussi. Ruth pouvait continuer mais avec
750 milles à faire, il aurait fallu un miracle pour que sa
blessure ne
s’aggrave pas. Avec 8 chiens en forme,
j’aurais pris la chance de continuer.
Mais pas avec 6, dont une leadeuse blessée et quelques chiens
malades.

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|
Martine
et Peter mettent des booties
|
Après
le départ
|
Pourquoi
autant de blessures ? J’aimerais
bien avoir la réponse à cette question.
Pour moi, ça reste un mystère.
Camping sur les
"Chain Lakes"
C’est dommage d’avoir un tel résultat
avec tout le support que j’aie eu cette année.
Handlers, commanditaires, supporters, etc.
Tout y était. Merci à vous tous
qui avez suivi cette saison d’entraînement et de course. Je
suis vraiment désolée que ça ait si mal
tourné.
Es-tu
prête? (9 février 2007)
Enfin la réponse est
oui ! Aujourd’hui, dernier jour de
préparatifs, j’ai entraîné tous les chiens, juste
une petite sortie pour délier
les pattes et enlever peut être un peu de cette surexcitation qui
envahie les
chiens au moment du départ ! Aussi
un temps pour s’assurer que les chiens ne boitent pas.
Malheureusement, j’ai peine à le croire mais
après même à la veille du Quest, je perds encore
une autre chienne ! J’avais un doute depuis quelque temps,
et
aujourd’hui, ça se confirme, Merengue a une blessure mineure
à une épaule. Elle ne sera pas de la partie.
Ce n’est pas une blessure sérieuse, mais
inutile de prendre une chance avec une jeune chienne aussi
dévouée qu’elle. Cette triste nouvelle s’ajoute
à la perte de
Muffin, hier. Depuis une semaine
environ Muffin semblait boiter aussi, mais très
subtilement. Je l’ai amenée en ville hier pour voir un
des vétérinaires du Quest et Muffin a effectivement une
petite blessure à
l’épaule. C’est ma plus lourde perte,
une leadeuse expérimentée toujours prête à
repartir. Elle me manquera beaucoup, tout comme Decaff. Il
reste donc 2 leaders, Ruth et Logan, et
Harper qui devra survivre aux premiers jours avant de pouvoir
être mis à
l’avant. C’est peu, mais il reste de
l’espoir. Toutes ces blessures m’ont enlevé un peu
d’enthousiasme mais je sais
qu’une fois en route, avec mes petits compagnons à quatre
pattes, je serai
heureuse d’être là. Avec tous les mots d’encouragement que
j’ai reçu dans les
derniers temps, je ne peux pas faire autrement que de croire que c’est
possible !
Je pars donc demain, en 15e position, vers
11:42, heure du Yukon. En route vers
une nouvelle aventure ! Carpe
diem !
Le "vet
check" (5 février 2007)
Le
vet check est passé! Tous les 16 chiens
amenés ont passé leur examen !
J’étais drôlement soulagée.
C’est toujours amusant de voir combien chaque chien
pèse ! Moi qui croyais avoir une petite
équipe ! La première chienne à
être pesée fut Merengue, à …52
livres !!!
Je pouvais à peine le croire. Ex
æquo avec Fiona. Même les toutes
petites Salsa et Rumba ont brisé la barrière des 40
livres, avec respectivement
45 et 42 livres. J’étais
estomaquée ! Par contre les gros
mâles n’étaient pas aussi gros que j’aurais pensé.

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En
attendant notre tour...
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Vérification
des dents
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Les vétérinaires ont donc
vérifié leur état de santé, leur
température, s’ils avaient des blessures, des
coupures aux pattes, des problèmes de dents, des raideurs
musculaires, des
problèmes d’articulations, etc. Ensuite
ils injectent une micro puce dans le cou du chien pour pouvoir les
identifier
durant la course. Certains chiens ne
semblent pas se préoccuper de toutes ces procédures,
alors que d’autres sont
littéralement en panique, comme Fiona qui a fait pipi sur le
plancher. Même Mac qui en est à son 4e vet
check ne semble toujours pas à l’aise.
C’était une belle occasion de revoir d’autres mushers et des
amis qui
sont venus aider.

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Shrek
se fait peser
|
Djembe
reçoit sa micro puce
|
Maintenant qu’il ne reste que quelques jours avant le
départ, il reste à préparer ce qu’on va apporter
au départ et ensuite à
Dawson. Quelques petites sorties avec
les chiens, le plus de repos possible et je profite de la chaleur du
poêle à
bois !!! Je dois aussi décider
qui, parmi les 16 chiens amenés au vet check seront dans
l’équipe le 10 février.
Je
ne sais pas trop à quoi m’attendre en terme de performance pour
cette
année. Les chiens ont très bien fait en
entraînement, mais les blessures me font toujours peur.
Surtout que la trail sera vraisemblablement
dure et rapide. Ce sera un défi pour
Muffin et Harper, deux leaders qui n’ont pas beaucoup de vitesse.
Ensuite j’ai plusieurs jeunes chiens, Salsa,
Merengue, Fiona, Rumba, Maracas, Djembe, Paila et Shrek. Les
jeunes, surtout les mâles, perdent du
poids facilement et ils ont tendance à avoir les pattes qui
enflent et peuvent
aussi se décourager. Djembe est une
travailleuse acharnée mais elle risque de d’épuiser
à la tâche. Paila est difficile à engraisser
mais elle a
un moral d’acier. Maracas ne travaille
pas toujours autant que ses 2 sœurs, mais elle adore la bouffe.
Shrek est un autre qui est difficile à
engraisser mais il travaille si bien et il semble toujours de bonne
humeur. Rumba a été mise au repos
pendant un mois, mais depuis, elle va très bien et elle aussi
adore la bouffe
et a un bon moral. Salsa est une super
vedette mais elle avait un peu mal à l’épaule à la
dernière longue sortie. Finalement Harper a lui aussi
été blessé et
a été mis au repos près d’un mois mais comme c’est
un leader et qu’il semble
avoir bien récupéré, je prendrai la chance de le
mettre dans l’équipe. Il a 4 ans, après
tout !! Voilà pour les points d’interrogation, par
contre certains chiens comme Rye et Maceo ont si bien fait sur la
Copper Basin
que je compte bien les avoir jusqu’à Fairbanks, tout comme les
vétérans Mac et
Mask. Enfin, on ne sait jamais ce qui
va arriver, mais on espère toujours pour le mieux !!!
Pour ce qui est
de la trail elle-même, je suis toujours heureuse une fois la
première journée
passée. Moins de traffic, et les chiens
sont un peu plus contrôlables. Le défi
entre Whitehorse et Braeburn est de trouver un endroit où camper
à
mi-chemin. Entre Braeburn et Carmacks,
c’est une trail à se casser le cou surtout s’il n’y a pas de
neige. Certaines sections sont super le fun, mais
avec une grosse équipe encore assez fraîche, ça
peut être difficile. En plus qu’il y a une longue
série de lacs
et portages avec apparemment pas mal de slush et de glace vive.
Puis Carmacks à Pelly, c’est la première
section où l’on rencontre de la glace en gros blocs (jumble
ice), des genres
d’embâcles. Très difficile et parfois
douloureux ! Une fois à Pelly, le
prochain défi sera la rivière Pelly elle-même, pour
la même raison. Puis, on se retrouve dans le bois un peu
plus, ce que je préfère. Je peux alors
faire un feu !!! Par contre il y a
aussi souvent de la slush et des glaciers à traverser, mais
ça reste une des
sections que je préfère. Il y a de
longues montées, ça me garde au chaud !
Enfin on arrive à Dawson, ce qui est toujours une chose
positive. Repos, autant pour nous que pour les chiens,
au chaud, bien nourris, et des amis qui sont là pour nous
voir. Dawson-Eagle, la section qui m’inquiète le
plus. Froid, froid, et froid. La rivière Fortymile,
c’est pas juste froid
c’est frette, et possibilité de beaucoup de slush et
glace. Et ensuite, la Taylor Highway qui ne finit
plus avec American Summit et ses tempêtes
légendaires. Puis une longue et glaciale descente vers
Eagle. Mais le checkpoint est des plus
agréables et le repos bien apprécié. De
là, entre Eagle et Circle, encore 160 milles sur la
rivière Yukon où il ne fait
pas chaud ! Beaucoup de glace vive
cette année, s’il vente, ça ne sera pas une partie de
plaisir. Mais heureusement il y a quelques endroits
où arrêter. Trout Creek, Slaven’s,
juste les noms me rappellent de bons souvenirs ! Une fois
à Circle, c’est une bonne étape de faite, avec les
¾ du
chemin de fait. De là, encore du froid
sur Birch Creek jusqu’à Central. Puis,
de Central au Chena Hotsprings, c’est le dernier gros défi, avec
Eagle Summit
et Rosebud Summit. Au moins les montées
réchauffent, mais les tempêtes sont toujours
possibles. Et puis de là, 8 heures d’arrêt
obligatoire,
et enfin, le dernier 100 milles jusqu’au finish qui est souvent un
mélange d’euphorie,
d’épuisement, de « j’en ai vraiment
assez » et de « je veux pas
que ça finisse ». Peu importe, une
fois au bout, le feeling est indescriptible. (Je viens juste de me
relire…Oups ! Bien sûr il y a
toutes ces sections difficiles mais aussi des sections superbes et des
moments
incroyables qui font que nous voulions faire cette course. On est
fou, mais pas tant que ça !
Chaque section a aussi des endroits magnifiques et certains moments
sont
indescriptibles).
Jeudi nous avons les meetings et le banquet, où l’on
pige nos ordres de départ. Je ne crois
pas avoir la chance de faire une dernière mise à jour sur
mon site d’ici le
départ. J’en profite toutefois pour remercier
à nouveau mon handler Gaétan qui, grâce à
son aide, m’a permis entre autres
d’avoir plus de temps pour garder mon site à jour. Merci
aussi à mes commanditaires, les membres de ma famille qui
sont « bien contents de pas faire le Quest
eux-mêmes » mais qui me
supportent sans condition, mes amis, et à tous les gens qui
m’encouragent d’une
façon ou d’une autre. En espérant une
belle course !
Dernière
semaine (2 février 2007)
Une fois les food
drops sont parties, c’est un grand soulagement, il reste quelques
entraînements
à faire et un peu de matériel à préparer
mais le plus gros est fait. Malheureusement les derniers
entraînements
ont coûté cher en terme de blessures, encore une
fois. Après Torpedo et Donkey, Farquaad et Mambo
se sont blessés à l’épaule, 2 autres chiens que je
pensais avoir avec moi sur le
Quest. Farquaad semble rétabli par
contre, mais comme il pèse plus de 60 livres, je n'oserai pas
amener un gros chien comme lui s’il a déjà un risque de
blessure…
Puis il
y a environ une semaine, nous avons pu aller entraîner sur la
Canol Road, la
route où j’ai toujours entraîné les chiens dans les
dernières années jusqu’à ce
qu’une compagnie minière vienne dégager la route
jusqu’à Noël. Mais il a beaucoup neigé depuis
et enfin,
nous avons pu y aller ! J’étais
super contente surtout que c’était près de la pleine
lune ! Revoir cette route si belle, les montagnes et les
longues
montées et descentes, c’était vraiment super !
Les chiens étaient bien contents aussi, et on a
campé quelques
heures à Quiet Lake, où l’on peut se
réchauffer. Malheureusement au retour quelques
chiens qui avaient perdu du
poil sur les pattes durant la Copper Basin (certains chiens ont cette
tendance)
en ont perdu un peu plus et maintenant, je dois leur mettre des
guêtres pour
éviter les engelures quand il fait froid.
Un souci de plus !

|

|
Paysage
de la Canol Road
|
Un
des rares bouts plats sur la Canol Road
|
Quelques jours plus tard j’ai entraîné à
nouveau, sur une plus courte distance, et j’ai essayé un nouveau
type de
guêtres : résultat désastreux, les
guêtres ont frotté sur les pattes des
chiens et causé des irritations.
Évidemment il fallait que ça tombe sur 2 leaders et aussi
un de mes
meilleurs chiens. C’était vraiment un
arrache-cœur puisque j’ai tant besoin de ces 3 chiens surtout
après avoir
« perdu » 4 de mes bons chiens.
Donc c’est la course pour guérir ces bobos avant le Quest qui
commence
dans… une semaine !
Camping sur la Canol
Road
Pour couronner le tout, je suis allée faire une
dernière run sur la Canol Road, vraiment sous la pleine lune
cette fois,
c’était de toute beauté, et les chiens étaient
vraiment en forme ! J’ai mis Salsa en tête qui a
très bien fait
malgré son jeune âge et au retour Rumba qui m’a beaucoup
surprise. Bonnes nouvelles : Rumba et Harper
semblent bien remis de leurs blessures, ils n’ont pas le millage
espéré pour le
Quest mais je devrai tenter ma chance avec eux à défaut
d’avoir les
autres. Par contre au retour, lourde
perte encore une fois : Decaff, une autre de mes leadeuse, s’est
blessée
sur cette trail un peu trop durcie. Je
me doutais que ça pourrait arriver, mais comme la trail du Quest
sera très
durcie au début, je devais essayer pour voir.
J’ai vu !
Près de la maison
Donc, à la veille d’aller au « vet
check »,
où chaque chien est examiné par les vets pour voir leur
état de santé, j’ai une
équipe bien différente de ce que je m’attendais.
Des fois on reste surpris, mais quand même, c’est
inquiétant et
décevant. Mais pas question d’abandonner
tant qu’il me reste 2 leaders et quelques chiens
derrière !!!
Sinon,
il est grandement temps de se reposer (chiens, handler et musher) avant
le
départ ! Parce qu’une fois partis…
Djembe
Les "food
drops" (26 janvier 2007)
Les food drops sont
prêtes ! Les food drops, c’est le
ravitaillement qu’on doit apporter au bureau du Yukon Quest deux
semaines avant
le début de la course, en fait, tout ce dont on aura besoin
durant la course. On emballe la nourriture des chiens dans
des sacs de plastique par portion d’un repas.
Un sac de viande et un sac de moulée par repas. Il y a
aussi les snacks : du gras, des
tripes, du poisson, du bœuf. Puis les
booties sont mis par paquets de 4. Et
pour chaque checkpoint j’ajoute des couvertures pour les chiens, des
batteries,
des plastiques pour les patins du traîneau, des onguents et huile
pour soigner
les chiens et ma propre bouffe : du pain fait par une amie avec du
beurre
et de la mélasse, de la viande qu’une autre amie m’a
déshydratée (c’est long à
mâcher, ça m’aide à rester
réveillée !), des biscuits, des carrées
sucrés,
des trucs que d’autres gens m’ont offert, et l’incontournable
chocolat !
J’ai aussi acheté 3 repas déshydratés pour
essayer ! En fait, les food drops c’est comme une
course avant la course ! Des tas
de choses à acheter et à préparer, en plus de
devoir continuer à entraîner les
chiens en même temps. Et c’est en plein
dans ce temps là que la scie à viande est tombée
en panne, et la même journée
je suis tombée en panne avec le camion !
Bref, plein de péripéties. Mais
tout est terminé maintenant, demain je ferai une longue sortie,
peut être la
dernière longue run avec les chiens avant le Quest.
Ensuite, le « vet check », un peu de repos, les
préparatifs de dernière minute, les meetings et le
banquet, et… ce sera le
départ !

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Les
repas par portion
|
On
ajoute les couverture des chiens...
|

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|
Les
snacks...
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Et
voilà! C'est prêt!
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Malheureusement certains de mes chiens que je pensais amener
sur le Quest se sont blessés cette semaine et Torpedo et Donkey
qui s’étaient
blessés sur la Copper Basin ne seront probablement pas remis
à temps. C’est triste, surtout que j’ai fait tous mes
Quests avec Torpedo, elle va vraiment me manquer. Mais c’est la
vie. Et ça
donnera la chance à d’autres chiens de me montrer ce qu’ils
peuvent
faire !
On s’approche de la pleine lune et c’est de toute beauté.
Malheureusement cette année, il fera très
noir sur le Quest. Nouvelle lune en
plein milieu. Ça fait une grosse différence, dans la
noirceur totale, on ne
voit que ce que notre lampe frontale veut bien nous montrer et c’est
beaucoup moins
« magique » comme décor. Mais
je vais en profiter demain soir !
La Copper
Basin (20 janvier 2007)
Nous
sommes revenus de la Copper Basin, la première course de la
saison. Ça a super bien été malgré
que ce fut une
course très difficile. 26 équipes ont
pris part à la course et seulement 11 ont terminé,
incluant ma petite équipe
qui a fini en 6e position.
 |

|
Presque
temps de partir...
|
Il
faut plusieurs personnes pour amener les chiens au départ!
|
Le première section de la trail était
vraiment dangereuse pour les chiens : neige molle ou
carrément pas de
neige. J’ai dû laisser Torpedo et
Donkey au premier checkpoint à cause de blessures
mineures. La section suivante était très longue et
j’ai pris une petite pause sur la trail pour reposer les chiens.
Il y avait à cet endroit beaucoup de neige
et quelques ruisseaux ouverts à traverser.
Mais les chiens ont bien fait et une fois à Paxson, ils ont eu
droit à 8
heures d’arrêt obligatoire. Les 10
chiens ont pu repartir, ce qui m’a fait vraiment plaisir.

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|
Le
long de la route vers Chisto: trail molle et branchailles
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Maceo,
l'air professionnel
|
Camp de nuit en
route vers Paxson (il neige!)
La suite fut une
lente progression puisqu’on a reçu presque 2 pieds de neige dans
les derniers
150 milles de trail ! Une course
qui a drôlement ralenti, donnant une chance à mes leaders
de terminer la course
sans blessure. Il n’a pas fait froid du
tout et de toute façon, j’ai eu à travailler moi aussi
pour aider les chiens à
avancer. J’ai presque fait la 2e
moitié de la course au complet sans manteau ! De
Paxson à Meyers, mes chiens ont très bien fait et je leur
ai
quand même donné une petite pause d’une heure à
Meyers car la section suivante
était longue. Une fois à Sourdough,
j’ai pu enfin dormir une heure complète, sur la paille avec les
chiens !!! Je me suis réveillée sans savoir
où j’étais
pour un bon moment !!! J’ai laissé
Merengue qui avait une coupure à une patte à Sourdough et
les 9 autres ont
continué.

|

|
Le
long du pipeline
|
Arbres
et neige, ou neige et arbres
|
De là, la trail est devenue encore plus lente. Beaucoup de
neige, et il neigeait
encore ! Les jeunes chiens ont
commencé à se poser quelques questions et j’ai dû
mettre une, puis deux
chiennes dans le traîneau. On a fini
par se rendre à Wolverine, mais j’ai décidé
d’arrêter un peu plus longtemps que mes heures d'arrêt
obligatoire à
cet endroit pour donner une chance aux chiens de
récupérer et de manger un vrai
repas, sachant que les derniers 50 milles seraient aussi très
longs… J’ai aussi laissé une Fiona fatiguée
à
Wolverine.
Une Catherine
fatiguée mais heureuse, à Wolverine, avec les cheveux
plein de givre!
Alors les 8 chiens et moi sommes partis, et peu après j’ai
dû
remettre Salsa dans le traîneau pendant une heure et demie.
Ça nous a encore ralenti et aussi fait
travailler les 7 autres très fort. Mais
éventuellement j’ai pu continuer avec 8 chiens, en courant,
marchant et
pédalant autant que je pouvais pour les aider.
Je me suis aussi mise à manger de la neige comme les chiens pour
rester
hydratée !!!
On a pu se rendre à Tolsona, où j’ai laissé Salsa
et
Mac qui avaient l’air trop fatigués, et c’est avec une toute
petite équipe de 6
chiens que j’ai fait les derniers 22 milles vers le finish. On a
quand même réussi à dépasser une
équipe, et c’est avec un immense sourire que j’ai vu au loin la
ligne
d’arrivée. Une fois au finish, j’étais hyper
contente de
mes chiens, qui ont tous bien travaillé.
Mon handler Gaétan et Kyla Boivin étaient au fil
d’arrivée pour
m’accueillir et les chiens se roulaient dans la neige de contentement,
sachant
que la course était terminée !
Quelques snacks pour chiens et musher et ensuite… un repos bien
mérité !
Un handler attendant
patiemment aux checkpoints
Maintenant que je suis de retour à la maison, je dois me
concentrer sur les « food drops »,
c’est-à-dire la nourriture et le
matériel que l’on doit envoyer à tous les checkpoints du
Yukon Quest. Le tout doit partir le 27 janvier, donc il
reste beaucoup à faire. Couper la viande
pour les chiens, emballer bouffe et booties, préparer les
onguents et huiles
pour les soins aux chiens, les batteries, les manteaux à chiens,
ma propre
nourriture, etc. Heureusement je peux
compter sur des amies qui me donnent un coup de main avec ma propre
bouffe ! Et Gaétan qui est aussi
toujours prêt à aider. Il reste aussi à
entraîner les chiens qui n’étaient pas à la Copper
Basin, et bien sûr, je rêve
d’une journée à rien faire, histoire de
récupérer et me remettre en forme pour
le Quest !
Mais je suis très heureuse du résultat de la Copper
Basin, les chiens qui y étaient peuvent tous faire le Quest,
sauf peut être
Torpedo et Donkey à cause de leurs blessures, et il me reste
quelques autres
chiens à ajouter à cette équipe pour le
départ le 10 février.
Là, je dois
partir entraîner…
Courir
après la lune (5 janvier 2007)
Il est passé 22h,et
je devrais aller me coucher puisque demain j’ai quelques équipes
à entraîner et
avec la Copper Basin qui s’en vient, il y a beaucoup de choses à
préparer. Mais j’ai passé la majeure partie de la
journée en ville et après avoir soupé chez mes
voisins, je suis allée visiter
mes chiens. C’était juste après la
pleine lune alors peut être que vous pouvez imaginer la
beauté du décor. Je ne prévoyais pas passer
beaucoup de
temps avec eux, juste le temps de vérifier l’état de
quelques chiens qui
étaient un peu raidis ou « raqués »
de leur dernière sortie. J’ai commencé à
flatter et masser un chien,
pendant que son voisin s’étirait le plus possible, pour essayer
de mettre ses pattes avant sur moi, l’autre chien, assis,
immobile, attendait son tour pour se faire flatter. Ils se
collent, ou se lèvent sur leurs pattes arrières pour
venir
me donner un gros coup de langue dans la face, un autre jappe parce que
ça me
prend trop de temps à aller lui donner de l'attention.
Comment pourrais-je alors ne pas tous les
visiter un à un ? Ils travaillent
tous tellement fort. Devenant de plus
en plus forts, endurants, dans la neige molle ou face au vent.
Ils me font confiance, travaillent,
repoussent leurs limites parfois, toujours prêts à
repartir. Ils sont incroyables. Et à chaque sortie,
on devient plus proches,
on se connaît de mieux en mieux, on devient une
équipe. Même des chiens comme Fiona qui était
toujours un peu en panique, qui ne voulait pas se faire toucher les
pattes,
elle branlait aussi de la queue et attendait pour se faire
flatter. Le gros Charango, qui était plutôt timide
et
réservé, est si fier de lui, il court et saute sur sa
niche, l’air de
dire : « Je suis capable !
Je suis un vrai chien de traîneau ! » !
Dans quelques jours, nous serons en route
pour la première course de la saison.
C’est une course difficile, puisque la distance entre les checkpoints
est parfois assez longue et nous devons traverser toutes sortes de
conditions,
de presque pas de neige, à de la neige profonde, de longues,
longues montées et
des descentes très abruptes, des rivières à
traverser, etc. Plusieurs moments
« hors-contrôles » Et je dois
décider quels chiens je vais
prendre ! À l’exception des
quelques chiens qui ont manqué trop d’entraînement
à cause de blessures (Alice,
Harper, Rumba), vraiment tous les autres pourraient faire partie de
l’équipe. Certains, trop jeunes,
devraient rester à la maison (Charango, Bongo, Djembe, Paila,
Maracas) mais il
est tentant de les amener aussi car ils travaillent tous si
bien ! Ce sera une décision difficile, je les aime
tous et j’aimerais passer ces quelques jours avec tous les
chiens !!! Les voir performer, leur donner la chance de
voir tous ces nouveaux milles de sentiers qu’ils n’ont jamais vu.
Ils adorent les nouveaux sentiers et a leur
permet de voir à quoi sert toutes ces heures
d’entraînement.
Je dois aussi
dire qu’en plus des nombreuses aventures que je n’oublierai jamais, les
chiens
m’apportent aussi quelque chose de totalement inattendu, mais qui a une
valeur
inestimable. Chaque fois que
je vais en ville, je reçois des courriers électroniques
ou des lettres de gens
d’un peu partout dans le monde, de la famille, des amis, mais aussi
beaucoup de
gens que je ne connais même pas, qui suivent les courses, les
chiens, les
histoires. Certains sont de jeunes
enfants, d’autres des jeunes de cœur qui vivent une vie
complètement
différente, mais qui partagent leurs rêves, leur histoire,
ou simplement m’envoient
de belles pensées. Juste le fait de
recevoir d’aussi beaux messages me donne envie de continuer à
faire le
Quest ! Ça me donne un regain
d’énergie pour faire face au froid, aux longues journées,
aux problèmes avec
les chiens, etc. Ça peut me prendre du
temps à repondre, je vais rarement en ville ces jours-ci, mais
ça
viendra ! Et j’en profite pour
vous dire un gros merci !!
Waw !
Tous ces paragraphes et je ne vous ai même pas encore
parlé des choses
qui se sont passées dans les dernières
semaines ! Nous avons eu de bons et moins bons
moments. Quelques blessures
additionnelles, mais ensuite les chiens se sont rétablis
tranquillement et ont
repris l’entraînement comme s’ils n’avaient jamais pris de
congé. Je suis toujours inquiète de mes leaders qui
se font toujours pousser par les jeunes fous derrières, et je
dois vraiment
ralentir l’équipe, mais c’est difficile !!! En ce
moment j’ai 4 leaders qui devraient faire partie de la
Copper Basin. Je garde les doigts
croisés !
Juste avant Noël, mon handler Gaétan et moi sommes
allés
camper avec les chiens. Nous avons
couru dans la journée, puis nous avons campéles chiens,
et
avons eu la chance
de se trouver un endroit pour se réchauffer en attendant de
repartir. Nous étions tellement excités de la
performance des chiens que nous avons ri et parlé pendant tout
le temps de
repos ! Les chiens ont très bien
fait, mieux que j’espérais, malgré les conditions
difficiles du sentier. Au retour, je leur ai donné
plusieurs jours
de congé, et bien que j’espérais leur faire faire plus
de millage, un repos
de quelques jours a semblé faire un grand bien aux jeunes chiens.
Quelques
jours plus tard, nous sommes partis sur une nouvelle trail. J’ai
entraîné une équipe dans la journée et
une autre en soirée. Avec la presque
pleine lune, les montagnes, les vallées et les lacs avaient
l’air d’ un
« village de Noël ». C’était
de toute beauté. Les chiens adorent les
nouvelles trails et ils allaient vite !
Puis, tout d’un coup, il y avait une épinette en plein milieu du
sentier. Je me suis arrêtée, me
demandant si je ne m’étais pas encore trompée de chemin,
et j’ai regardé de
l’autre côté de l’épinette. Je pouvais
voir des traces de traîneau, donc j’étais bien sur la
bonne trail, seulement
l’épinette devait être tombée quelques heures plus
tôt ! Je n’avais pas de scie avec moi, alors nous
avons dû faire un petit détour par la forêt dans la
neige molle pour contourner
l’arbre tombé. Une fois les chiens
passés de l’autre côté, ils se sont mis à
tirer et le traîneau et moi avons
fait un petit vol plané au-dessus de la cîme de l’arbre
tombé. C’était plutôt comique !
Hier, j’ai
fait une autre longue sortie. Il n’y
avait personne d’autre sur le sentier, à ce que je sache, et
c’était une de ces
journées ensoleillées, pas très froide.
Juste les chiens et moi. Une
équipe de chiens parfaite, durant une journée
parfaite. De la neige dans les arbres, et des traces
sur la neige. J’ai pris plusieurs
photos ! Au retour, il faisait
noir et tout d’un coup, les chiens se sont mis à courir
très vite. Je me demandais pourquoi. Une autre
équipe ? Un lièvre ? Un
orignal ?
Non… La lune !!! La lune se levait, et les chiens
devaient
penser que c’était une lampe frontale ou une autre équipe
qui s’en venait vers
nous ! Ils couraient après la
lune !!!
Ouais, les chiens sont drôles. Gaétan est
allé avec une petite équipe hier pour couper quelques
branches qui étaient dans le chemin. Il a
arrêté l’ équipe. Mambo a jappé
(Mambo adore japper). Elle a entendu
son écho. Elle a jappé en retour.
L’écho lui a répondu nouveau, donc elle a
continué. Ainsi de suite, sans jamais
arrêter !!! Une comique.
Bon,
il est grandement temps que j’aille me coucher ! Je ne crois
pas avoir le temps d’écrire à nouveau avant la Copper
Basin. J’espère que ça ira bien. Ça
commence le 13 janvier, et cette course
me donnera une bonne idée de ce à quoi je peux m’attendre
pour le Quest. Si mes leaders tiennent le coup, je peux
m’attendre à un bon Quest. Le site
internet de la Copper Basin est www.cb300.com.
J’espère terminer la course, peu importe la
position (préférablement debout sur les patins du
traîneau-ah ah
ah !). Une autre année, le
classement sera important, mais cette fois, c’est secondaire.
Blessures et
péripéties (18 décembre 2006)
La
semaine dernière était un peu folle !
Nous avons entraîné les chiens, été en
Alaska pour acheter du matériel
et de la viande pour pouvoir courser en Alaska (parce qu’on ne peut
traverser à
la frontière du Canada vers les États Unis avec la viande
dont on a besoin pour
courser), sommes revenus à la maison, avons exploré de
nouveaux sentiers,
entraîné les chiens, ouvert un autre sentier,
entraîné les chiens de
nouveau… Nous sommes revenus à 4 heures
ce matin, et il était presqu’impossible de dormir avec le vent
qu’il
faisait. Un gros pin est tombé juste à
côté de mon enclos à chiots, presqu’un miracle
puisqu’il aurait aussi pu tomber
sur la remise, le truck, les chiens, etc.
Il a même évité le driveway !
Les nouvelles ne sont par contre
pas très bonnes cette fois. Après 2
semaines de repos, j’ai sorti Alice et Harper pour voir comment ils
allaient,
et ils sont encore blessés. Hier,
j’espérais faire une sortie de camping avec les chiens mais le
sentier était
assez dangereux pour les chiens et Mambo et Ruth se sont
blessées à leur tour. Ruth étant une des 3
leadeuses qu’il me
reste, ce fut difficile à avaler.
Donkey, Salsa, Paila et quelques autres jeunes font de belles runs en
tête mais des runs aussi difficiles sont un peu trop
demandé à d’aussi jeunes
chiens. Je ne peux compter que sur des
jeunes d’un an ou deux comme leaders pour le Quest. Il me reste
présentement que 2 leaders
« d’expérience ». C ‘est
inquiétant. Avec 5 leaders vétérans
cette saison je croyais bien enfin éviter cette situation :
une super
équipe mais sans leaders. C’est le défi
de courser de jeunes chiens. Les jeunes
sont forts et rapides mais il s sont trop jeunes pour supporter la
pression de
courir en tête quand les conditions deviennent difficiles.
Ce fut ma situation pendant plusieurs années
(à courser les jeunes chiens d’autres mushers au départ
et les miens maintenant)
et j’ai drôlement hâte que mes jeunes aient 3 ans et
plus ! Je veux tellement finir le Quest à
nouveau !
La run d’hier a quand même été plutôt bien et
certains
chiens m’ont agréablement surprise. Il
n’y avait pas suffisamment de neige au sol pour faire tenir l’ancre
à neige,
alors à chaque fois que je devais changer des booties, donner un
snack aux
chiens ou aller voir un chien, j’ avais toujours peur que les
chiens
fassent décrocher l’ancre et partent (sans moi). Avec Mac
qui commence à hurler d ‘impatience dès qu’on
arrête, plusieurs fois j’ai dû rattraper le traîneau
de justesse ! À un moment donné,
j’étais en train de
changer un booties à Farquaad, et les chiens ont réussi
à faire sauter l’ancre,
je me suis emmêlée un pied dans le tug line de Farquaad,
suis tombée à terre et
j’ai à peine pu attraper la ligne de trait juste en avant du
traîneau ! Les chiens m’ont tirée
ainsi pendant un moment. C’était plutôt
comique par contre et j’ai réussi à me remettre sur pieds
et rembarquer sur les
patins du traîneau. Mais Farquaad a dû
continuer sans son bootie ! Après
la run d’aller par contre, au lieu de camper et de revenir sur nos pas,
j’ai dû
appeler une copine tard le soir pour lui demander de venir nous
chercher. Je croyais avoir eu assez de malchance pour
la journée, mais j’avais oublié à quel point je
peux être créative dans le
domaine des mésaventures ! J’ai
stationné le camion près des chiens pour embarquer tout
le stock, suis sortie
du camion, ai fermé la porte (clés à
l’intérieur) quand j’ai réalisé que la
porte se barre toute seule ! Je
n’avais pas de 2e clé. Et ma
copine qui devait aller travailler ce matin ! Mais on a fini
par s’en tirer assez rapidement. On s’est rendu à la
maison sans autres
péripéties !
Présentement, les chiens jappent… Après Yogi
l’ours, nous avons maintenant
Wylie le coyote qui rode autour. Il
faut dire qu’avec de belles jeunesses comme Dragon et Maracas en
chaleurs, ça
doit être difficile de résister !!!
Une semaine environ avant
Noël… Je ne sais pas quand j’aurai la
chance de remettre mon site à jour, alors en attendant je vous
souhaite tous un
Joyeux Noël !!!!
La magie du
mushing! (12 décembre 2006)
Dix
chiens, douze chiens jappent d’impatience.
Finalement, tout est prêt. Je
lâche l’ancre à neige, c’est parti… Je
me retrouve, 7 ans plus tard sur les mêmes sentiers où
j’ai appris à faire du
traîneau à chiens la première fois. En
fait, il serait plus juste de dire « où j’ai appris
à crasher un traîneau
à chiens ». Puisque l’on ne peut
entraîner sur la Canol Road (où l’on va normalement, mais
cette année une
compagnie minière dégage la route et on ne peut y aller
avec les chiens), nous
sommes très chanceux d’avoir de la neige sur les sentiers dans
les montagnes
derrière chez-nous.
Un sentier nouveau pour les chiens et la majeure partie
pour moi aussi. Il ne fait pas froid,
le sentier est parfait, et ressemble souvent à ce que l’on
rencontre en course :
slush, glace, montées, descentes, virages qui nous gardent
très alertes, bref,
on ne peut demander mieux. Gaétan, mon
handler, découvre aussi le Yukon d’une des plus belles
façons et aussi une
nouvelle définition du mot aventure !
Durant une longue run, une fois de l’autre côté d’un
sommet plutôt à pic
que nous devions redescendre, où il y a parfois un peu moins de
neige et un peu
plus de roches qu’on voudrait, il réalise que son frein ne tient
plus ! Un écrou manque pour tenir
un des côtés du frein… C’est la qu’un
autre miracle se produit : l’écrou est resté sur le
patin du traîneau qui
est un peu enneigé !!! On réussit
à le remettre en place ave un bon Leatherman et hop !
Il se lance bravement dans la descente. Prêt pour une autre
aventure ! Une autre fois c’est le sentier qui
disparaît presque sous la neige ventée et les chiens qui
semblent prêts à
descendre le mauvais versant de la montagne.
Et j’en passe ! Mais il
fait une job super et a le sens de l’humour requis pour l’emploi !
Les
chiens sont revenus fatigués de leurs premières longues
sorties. Deux leaders, Alice et Harper, se sont même
blessés, mais heureusement les jeunes vedettes prennent la
relève et font très
bien en tête.
Des sentiers dans les montagnes, les vallées. Un matin
nous sommes partis sous un soleil
qui venait refléter dans tous les cristaux de givre
accrochés aux branches
tordus des peupliers rabougris, sur le flanc des montagnes dont les
crêtes se
dessinent sur un fond de ciel bleu, et pourquoi pas ajouter à
cela un bel
orignal immobile au milieu des saules enneigés.
Évidemment c’est Logan qui l’a vu la première. Au
retour, la pleine lune qui éclaire la
vallée et ses montagnes. Le sentier est
rempli de traces de lièvres et on en rencontre quelques uns en
chemin. Ainsi qu’une hermine. Devinez qui l’a
vu ? Oui, Logan.
La dernière sortie, il y a
quelques jours. Les chiens prennent de
la force, le sentier est durci et très rapide.
Il faut ralentir les chiens et savoir tenir le
traîneau ! On finit tous par faire des bouts à
genoux
sur les patins ! On s’accroche
dans les descentes et on dirait que les chiens prennent les virages
pour tenter
de nous éjecter du traîneau ! Ils
sont déchaînés ! Il fait noir, pas
de lune. Mais les aurores boréales
remplissent le ciel. Un voile vert
dansant, et des courants de pourpre qui passent momentanément
à travers, Mambo
jappe en regardant le ciel. Les
derniers milles sont faciles, je peux pleinement profiter de ce moment
de
bonheur total. Seul le bruit des pattes
des chiens qui marque la cadence et le glissement des patins du
traîneau sur la
neige. Il ne fait pas froid et j’enlève
mon capuchon pour admirer pleinement le paysage et sentir l’hiver sur
mon
visage. J’éteins ma lampe frontale et
laisse les chiens me mener entre les épinettes couvertes de
neige sous la
lumière verte de ce spectacle céleste.
Je pense à vous qui lisez ceci et me demande comment traduire en
mots
une nuit aussi parfaite. Combien de
nuits comme celles-là a-t-on dans une vie…
« Because we don’t know when we
will die,
we get to think of life as an inexhaustible well. Yet everything
happens only a certain number of times, and a very
small number, really. How many time
will you remember a certain afternoon of your childhood, some afternoon
that is
so deeply a part of your being that you can’t even conceive your life
without
it ? Perhaps four or five times
more. Perhaps not even that. How many more times will you
watch the full
moon rise ? Perhaps twenty. And yet it all seems
limitless… »
-Paul
Bowles, The Sheltering Sky
Première
expérience de photographie d'aurores boréales...

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De ma fenêtre

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Ma cabane, sous la
splendeur d'une nuit de décembre

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En
traîneau! (2 décembre 2006)
Yaaaaaahoooooo !!!! C’est comme ça que je me sentais
hier quand
nous sommes sortis pour la première fois, avec 8 chiens
déchaînés… en
traîneau ! Les sorties en 4 roues
sont terminées pour le moment. La
transition était fantastique, les chiens ont adoré, j’ai
eu le sourire aux
lèvres au point d’en avoir des crampes et tout d’un coup
ça m’est revenu… Pourquoi on fait tout ça.
Parce que c’est tellement
TRIPPANT ! Gaétan (mon handler)
suivait sans problème et j 'ai bien peur pour lui que la
piqûre du mushing lui soit revenue (il avait ses propres chiens
autrefois). Il y
avait assez de neige pour courir, par contre la première
descente fut presque hors contrôle mais tout a
bien été et c’était
trippant de sauter le barrage de castor.
La run s’est terminée sous la lumière de la lune.
Imbattable !

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Prêts à
partir
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Entraînement
en 4 roues
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Côté mâles
(gauche)
et côté femelles
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Les rayons du soleil
de novembre percent les nuages
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| Je reste à la maison
aujourd'hui |
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Novembre ne s’est
pourtant pas terminé sans au moins une dernière
mésaventure ! Quand on sort entraîner, on ne
sait jamais
ce qui nous attend ! Une journée,
-30, nous sommes partis faire une sortie en 4 roues, mais un des pneus
a commencé
à perdre de l’air. C’était difficile de
conduire le 4 roues, et je devais donner beaucoup plus de gaz que
normalement
pour avancer. Après environ une heure,
le réservoir d’essence n’était plus très plein, et
le pneu de plus en plus
mou. Au point que je me suis bien
rendue compte qu’on ne se rendrait pas jusqu’au bout, et je n’en
pouvais de
toute façon plus de forcer pour conduire le 4 roues.
Heureusement,
le « dieu du mushing » vieillait sur nous
et nous nous sommes rendus jusqu’à l’endroit sur la
rivière où nous sommes le
plus près de la maison. J’ai abandonné
Gaétan, avec les 16 chiens hurlant et jappant, sur la froide
rivière et j’ai
marché jusqu’à la maison pour aller chercher un
compresseur et du gaz. Ça m’a pris un bon 45 minutes, mais
de retour sur la rivière, Gaétan
était toujours souriant et les chiens jappaient toujours.
Seulement un tugline avait été machouillé
(par Alice, bien sûr), et le pneu n’était pas sorti du
rim, donc on a réussi à
le regonfler, nous avons fait le plein et terminé la run.
Novembre a été le
mois de novembre le plus froid de l’histoire de Whitehorse depuis
qu’ils enregistrent
les températures (environ 60 ans). Et
record de neige aussi. Nous avons été
sous les –40, et il n’a jamais fait bien plus de –15 ou –20
Celsius. Mais comme nous sommes presque les seuls à
avoir de la neige, on ne peux pas se plaindre.
Les longues sorties n’ont
pas encore commencé puisque les 25 premiers milles de la route
où l’on va
normalement entraîner sont toujours dégagés et il
n’y avait pas suffisamment de
neige passé cet endroit, mais au début de la semaine
prochaine nous
allons faire une
première sortie de camping. J’ai
vraiment hâte.

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Ma cabane et ma pile
de bois sous la neige
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Je parlais à ma mère au téléphone il y a
quelques jours et nous
parlions de REÉR (Régime Enregistré
d’Épargne Retraite), et comment ce serait
une bonne idée d’y penser maintenant, et bien sûr j’ai dit
que je n’avais pas
assez de sous cette année pour mettre quelque chose de
côté pour ma retraite (encore
une fois !). Cinq minutes plus
tard je commandais $2000 de booties pour les chiens et à peu
près le même
montant en viande pour les courses. Je
me suis sentie mal !!! J’imagine
que pour ma retraite je n’aurai que de bons souvenirs et des booties
usés!!!
Novembre (22
novembre 2006)
Novembre est presque
terminé et c’est le premier soir où je peux enfin
m’asseoir et écrire à propos
des semaines bien excitantes qui viennent de passer.
Au début novembre,
juste après avoir nourri les chiens, ils n’arrêtaient pas
de japper. C’est plutôt rare puisque les chiens jappent
presque seulement au moment de l’entraînement ou des repas.
Mais ce soir là ils étaient très
excités. Je suis allée me coucher quand
même mais quelques heures plus tard, ça a
recommencé. Les chiens étaient complètement
fous ! J’ai dû sortir voir ce qui se passait, mais
après mon expérience de face à face avec u grizzly
l’an dernier, cette fois
j’ai pris mes précautions ! J’ai
démarré ma voiture et j’ai conduit les 100 mètres
qui séparent ma cabane de mon
chenil. Ce fut une bonne idée puisque,
effectivement, le grizzly était de retour ! Seulement
cette fois, il était dans ma remise où j’entrepose ma
nourriture à chien. Il a tout mangé mes
biscuits à chiens et un peu de moulée.
Je ne l’ai pas vu ce soir là mais les traces tout autour ne
laissaient
pas de doute. Ça a duré 3 nuits. Il est
revenu manger la moulée des chiens et
finalement peut être qu’il avait mangé suffisamment pour
aller hiberner. Le mois de novembre a été froid
tout le long
et c’était pas une température pour un
ours !!! Mais il nous a bien mis aux aguets !
Surtout au moment d’entraîner ou de nourrir,
puisque tout ça se faisait presque toujours dans la
noirceur. Les chiens, nerveux, se mettaient à regarder
tous dans la même direction dans le bois et à
aboyer… Ça faisait accélérer mon rythme
cardiaque !!! Mais ça fait deux semaines que je ne
l’ai
pas revu.
Les chiens ont eu leur vaccin contre la rage. Donc nous avons
dû aller en ville. Pour certain c’était une
première
expérience dans le dog box. Bongo et
Charango ont été un peu difficile à convaincre,
mais une fois à l’intérieur,
ils ne voulaient plus ressortir.
Vacciner Bongo était tordant !
Je le tenais à moitié sorti du box, mais il avait les
jambes arrières
écartées de chaque côté de la porte pour ne
pas sortir. Donc le vet lui a donné son vaccin dans le
cou et il est retourné dans son box comme si de rien
n’était ! De son côté, Maracas a fait
cela comme une
pro, comme si elle avait toujours voyagé en dog box. Shrek
toutefois a essayé de détruire le box, pas moyen de jaser
avec le vet, il fallait repartir !
L’entraînement est devenu différent
aussi avec la possibilité d’aller sur le lac et la
rivière. Avec le temps froid et le peu de neige, la
glace a bien pris. Mais évidemment rien
n’est jamais totalement simple et avec le barrage à castor, le
chemin est un
peu différent cette année. À ma
première
sortie, j’ai pris le chemin du retour au mauvais endroit et en
descendant du
barrage, un des pneus du 4 routes a passé au travers de la
glace. C’est dans un endroit marécageux, peu
profond mais qui gèle mal. On s’en est
bien tiré et le reste de l’entraînement s’est bien
déroulé. Nous sommes retournés plusieurs
fois depuis
et ça marche. Il y a un mélange de
neige, de glace vive et de slush, parfait pour habituer les
chiens. Puis nous avons eu de la neige et bientôt on
devrait être en traîneau !
La semaine dernière, mon handler est
finalement arrivé. Le timing était bon
puisque les entraînements deviennent de plus en plus longs, et je
dois encore
aller travaille presque tous les jours.
C’est super d’avoir un coup de main avec les différentes
tâches au
chenil. Il est très bon, les chiens
l’adorent et il m’aide beaucoup. Je
peux enfin relaxer un peu !
Les longues sorties ne sont pas encore
commencées par contre, ce qui est dommage car c’est ce que je
préfère. La route où nous allons normalement
entraîner est présentement dégagée par une
compagnie minière. Il faudra aller plus loin pour trouver
de la
neige. Mais de toute façon présentement
il n’y a pas suffisamment de neige pour entraîner en
traîneau à cet
endroit. Nous avons un constant vent du
nord et cala ne semble pas amener la neige qu’il y a normalement
à cet
endroit. Mais apparemment que l’Alaska
n’a pas non plus beaucoup de neige alors nous ne sommes pas seuls ave
le
problème.
Par contre je suis bien excitée à l’idée de
courser bientôt. L’entraînement en 4 roues est un peu
ennuyant mais je ne peux pas me plaindre, les chiens vont bien.
Voici quelques photos d ’entraînement. Les chiens
n’ont pas l’air trop disciplinés
sur les photos mais ils sont généralement très
à leur affaire. C’est seulement difficile de prendre de
bonnes photos avec les doigts gelés !!!
Variations
(30 octobre 2006)
Autant les chiens ont
besoin de variété de temps en temps, il en est de
même pour les mushers. Parfois c’est de mettre un nouveau
chien en
tête qui crée de la nouveauté, parfois c’est de
varier le chemin qu’on utilise,
ou la distance, le moment de la journée où
j’entraîne, ou encore les conditions
climatiques. Il y a quelques temps,
c’était la nouvelle neige qui a donné de l’entrain aux
chiens. En fin de semaine, c’était le
froid ! Une première sortie dans
les alentours de –20°C (-2°F), le plaisir de retrouver la
sensation de l’air froid
sans pour autant geler, emmitouflée dans quelques couches de
vêtements
supplémentaires. C’est qu’en 4 roues,
on bouge peu et il est facile de geler !
En traîneau, c’est déjà plus facile de rester au
chaud.
Dimanche
matin je me suis levée plus tôt que prévu (j’avais
oublié de changer l’heure
sur ma montre), et nous sommes partis dans le silence du matin, juste
avant le
lever du jour. C’était différent pour
les chiens puisque la plupart du temps il fait noir quand
j’entraîne. C’était de toute beauté.
Aucun vent, le ciel rempli d’étoiles, et la
faible lueur bleutée du matin… Un
moment parfait pour observer ce que j’appelle la
« winterdance »,
d’où le nom de mon chenil. Tout le
monde sait que les chiens se déplacent vers l’avant, mais les
chiens ne se
suivent pas tous exactement l'un derrière l’autre. Ils se
déplacent aussi un petit peu vers la droite ou la gauche,
selon ce qui se trouve sur le sentier.
Quand il fait presque noir et que l’on voit seulement les silhouettes
des chiens, on remarque d’autant plus ce mouvement de l’équipe
entière, des 10,
12 ou 16 chiens, qui se déplacent vers l’avant mais dans un
mouvement
d’ondulation de gauche à droite que j’appelle
« danse ». Alors dimanche matin, parce
qu’il commençait à faire clair, j’ai eu
droit à ce ballet des neiges !
Puis le soleil s’est levé, et éclairait au début
seulement les pics tout
blancs des montagnes, puis les cristaux de glace sur toutes les
branches
d’arbres, de saules, etc… Ah, il faut
que je prenne une photo pour vous montrer !!
Autre variation, la
semaine dernière, j’ai décidé d’écouter de
la musique durant une sortie après
le travail. Plusieurs mushers utilisent
un walkman durant le Quest, pour entre autre rester
éveillés. Personnellement, même si j’adore la
musique,
je ne le fais pas, parce que je trouve plus facile de me concentrer sur
mes chiens et sur ce qui se passe autour sans musique. L’an
dernier j’avais essayé une fois en
entraînement, mais le CD que j’avais choisi était sans
doute un peu court, j’ai
fini par écouter le même CD 3 fois de suite…
Quand il fait froid, je n’ai pas nécessairement envie de changer
de CD
en chemin ! Mais la semaine
dernière, c’était une run d’un peu plus d’une heure et
j’ai écouté la musique…
du Cirque du Soleil !
Woaw ! Rien de plus
relaxant après une journée de travail que de regarder
courir les chiens en
écoutant cette musique !!! Et
puis, au fond, les chiens sont parfois un peu comme des
acrobates !
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